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Questions éthiques 2

Publié le 6 juin 2018 à 0:20
En parlant des questions éthiques qui impliquent que la personne humaine soit engagée non seulement extérieurement (ce qui est le domaine du Droit) mais aussi dans le fin fond de sa conscience, donc intérieurement, au niveau de l'intention et de la visée, il y a lieu de s'inquiéter pour les modernes, surtout imprégnés de l'esprit scientifique. Ce dernier prône l'observation, l'objectivation, la neutralité dans les analyses et la tolérance des opinions divergentes. Or, du point de vue de l'éthique, la neutralité est impossible. Chacun doit prendre position, puisqu'il en va de sa propre personne et responsabilité. Le risque qu'il faut donc craindre avec l'époque moderne que Charles Taylor a décrit comme un « âge séculier » (2007), c'est justement la naissance de cet être humain complètement désengagé dont a parlé Charles Taylor dans le même ouvrage (A Secular Age). Pourquoi s'en inquiéter ? Parce qu'on ne peut pas devenir observateur neutre de soi-même, on ne peut pas objectiver soi-même pour s'observer sans s'engager soi-même à fond en tant qu'acteur dans l'existence. L'esprit scientifique prône l'objectivation et l'observation neutre dans la mesure où il vise à expliquer le comment des choses. Il exclut l'explication des raisons des choses, du pourquoi des choses, et donc il n'est pas en mesure de traiter à proprement parler des questions éthiques. Si quelqu'un veut être et demeurer scientifique, c'est une bonne chose lorsqu'il comprend que le domaine de sa conscience, de la finalité de ses actes, de leur qualification par rapport aux fins, notamment aux fins dernières, en rapport avec son origine et sa destinée, se situent en dehors du domaine de la science qui n'explique que le comment de son corps, éventuellement de sa psychologie. Se transformer en observateur neutre de soi-même, c'est s'abandonner à l'illusion qu'on n'est plus responsable de soi-même et de ses actes devant le mystère à l'origine de la vie et des êtres humains. Est-il bon ou mauvais d'éliminer un foetus en bonne santé ? Suffit-il que sa mère le demande pour que cet acte soit bon ? La science ne répond pas à ce genre de questions. Tout ce qu'elle peut, c'est de vérifier le stade du développement du foetus, son état de santé, l'état de santé de la mère, son état psychologique liée peut-être à certaines raisons la poussant à vouloir se débarrasser de la grosse. Elle ne peut dire si l'acte lui-même consistant à mettre fin à la vie du foetus est moralement bon ou mauvais, s'il engage la responsabilité morale et du médecin et de la mère. Ces questions dépassent le domaine de la science, elle relèvent de la pensée éthique. La prise de position en tant qu'acteurs d'un acte quant à son caractère bon ou mauvais est la marque distinctive des questions éthiques. L'acteur y engage sa propre personne dans ce qu'elle a d'intime. Il ne peut agir comme un observateur de ses propres actes, il ne peut objectiver ses propres actes pour se décharger de sa responsabilité. Là se situe le lien fondamental entre éthique et religion. L'acte moral peut être qualifié en religion par rapport à la distinction entre péché et justice. Commettre un péché, en christianisme, c'est « faire ce qui est mal aux yeux de Dieu » (Ps 51). Il s'agit d'un acte contraire à la vocation de l'être humain à devenir saint, à reproduire l'image sainte du Fils de Dieu. Cette vocation n'est pas limitée aux seuls croyants déclarés mais elle s'adresse à tous les hommes, car « créés à l'image de Dieu » à l'origine (Livre de Genèse), et appelés à être régénérés en Jésus-Christ pour réaliser cette image qui avait été ternie par le « péché originel » tel que l'explique la Révélation biblique dans le livre de la Genèse. L'éthique c'est donc la personne humaine engagée à fond dans ses actions, dont elle est dans tous les cas responsable devant le Mystère à l'origine de la vie et de nature raisonnable de l'être humain. Pour les chrétiens, nous savons que ce Mystère s'est révélé/dévoilé: c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'est le Dieu Père de Jésus-Christ.

Catégories : Aucun

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