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Questions éthiques

Publié le 4 juin 2018 à 23:10

Les questions éthiques sont permanentes, elles sont aussi vieilles que l'humanité. Elles sont liées à ce que l'être humain comprend de sa nature, de sa vie, de sa société, de sa finalité. Les réponses à ces questions peuvent diverger d'une société à une autre, d'une culture à une autre mais leur sens et leur fond restent inchangés à l'échelle planétaire. Par exemple, l'interdit de l'inceste, c'est-à-dire les relations sexuelles entre les plus proches parents (parents-enfants, frères et soeurs, oncles et nièces, tantes et neveux, etc.), l'interdit de tuer son semblable (à commencer par celui qui est de la même tribu, jusqu'à l'étranger pacifique), la question de la fidélité conjugale, qui s'est même affirmée sous forme monogamique en christianisme, etc. semblent être des faits universels, alors que les peuples ne s'étaient pas concertés pour établir ces règles. Tout se passe comme si l'être humain a intuitivement le sens, même confus, de la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. La pudeur par exemple s'est exprimée par l'habillement: l'être humain le plus primitif cachait ses parties intimes par une sorte de cache-sexe, il pouvait être nu tout le corps mais refusait de dévoiler ses parties génitales devant ses enfants et devant les étrangers. L'habillement sophistiqué des peuples à culture développée, jumelée avec l'idée d'esthétique qui ne fut pas absente chez les peuples les plus anciens, puisque même les animaux comme Darwin l'a bien montré dans La descendance de l'Homme (1871) ont développé le sens de la beauté en relation avec la seduction sexuelle (chez les oiseaux: le plumage, le chant, etc.), n'en a pas moins gardé le tabou des parties intimes: même les maillots de bain les plus libres et décontractés prennent le soin de cacher ces parties. Y aurait-il un lien avec le péché originel ? Rien n'est moins sûr. Le péché d'Adam et Eve, bien que certains interprètes du Livre de la Genèse y aient vu un acte sexuel, ne fut pas de toute probabilité de cet ordre là. En effet, dans le récit de la Genèse, il est bien dit que Dieu avait déjà béni Adam et Eve et leur avait intimé l'ordre de se reproduire et de remplir la terre. Or, cette reproduction devait passer par la rencontre des sexes. Par ailleurs, l'idée de l'acte sexuel comme péché serait incompatible avec l'institution du mariage (comme union sacrée ou comme sacrement). «L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair » est une parole du livre de la Genèse, reprise par Jésus. Devenir une seule chair n'est pas à comprendre uniquement en termes spirituels mais aussi en termes d'union des corps. L'Eglise catholique romaine l'a bien compris. Le Droit canonique proclame nul tout mariage non consommé, c'est-à-dire, dans lequel l'union sexuelle des corps n'a pas eu lieu. Par conséquent, le péché d'Adam et Eve ne fut pas l'acte sexuel auquel ils avaient un droit d'origine divine en tant que mari et femme, mais autre chose. Le cache-sexe ou le fait de cacher toujours les parties intimes devant les personnes autres que son mari ou sa femme, relève non de la théologie du péché originel mais de l'éthique relative à ce qui est bien et à ce qui est mal, à ce qui est bienséant et à ce qui est malsain; bref, à la pudeur et au péché de l'impudicité. Nous poursuivrons cette discussion prochainement... Isaac Nizigama

Catégories : Aucun

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