-

Consultance 2014

et Éditions Traditions & Modernité  

Blogue

Darwinisme et éthique

Publié le 27 avril 2018 à 8:40
Charles Darwin, un naturaliste anglais rendu célèbre par sa théorie de l'origine des espèces vivantes et de l'être humain par évolution transformiste, continue à susciter maints travaux et débats notamment parce que ses thèses et idées prétendent remplacer les idées religieuses, notamment chrétiennes, en rapport avec ces grandes questions. Il faut rappeler que son premier ouvrage majeur, De l'origine des espèces (1859), a eu le mérite d'affronter, dans le cadre d'un projet de compréhension scientifique du monde, la grande question des origines des espèces, et par là de l'origine ultime du phénomène vivant et de toutes les choses qui existent. C'est d'une grande question car chacun sait qu'il est difficile d'y répondre convenablement, du moment qu'elle dépasse les capacités d'observation de l'être humain, fut-il aidé par des instruments de pointe qu'il s'est fabriqués. Les religions en général, et le christianisme en particulier, on formulé une réponse à cette énigme en affirmant l'existence d'un Etre suprême, infiniment grand, transcendant, dépassant les capacités humaines de compréhension, appelé, en Judéo-christianisme, Dieu-Yahweh. Sa seule existence explique tout. C'est lui qui est à l'origine de toutes choses au moyen d'un acte de création ex nihilo (à partir de rien). Des êtres inanimés, comme de ceux animés: vivants, possédant une âme. Comment le judéo-christianisme peut-il affirmer cette existence de Dieu ? Principalement parce qu'il affirme posséder une Révélation, ou mieux une autorévélation de ce Dieu lui-même, qui a choisi de briser le silence, de rapprocher les horizons, de se rendre accessible à ses créatures capables de raison, pouvant donc comprendre ce qu'Il dit et faire ce qu'il demande et ainsi s'orienter selon son plan. Cette Révélation n'est pas simplement un livre de connaissances, mais surtout un manuel d'éthique, un dévoilement des mystères, un élargissement des capacités humaines de connaître car donnant accès à l'invisible et à l'indicible, ouvrant sur l'horizon de l'infini et de l'au-delà. Ainsi, le judéo-christianisme enseigne depuis près de 4 mille ans, qu'à l'origine du monde et des êtres vivants, Dieu-Yahweh a décidé d'établir une hiérarchie dans les êtres culminant sur l'être humain, à cheval entre le monde matériel et le monde divin, constituant en lui-même un «microcosme», un univers en miniature, et doué d'un esprit....De ce fait., l'être humain a donc une destinée divine, au-delà de sa fragilité et de sa finitude en tant qu'être composé de corps et d'âme, la Révélation judéo-chrétienne affirme qu'il a été créé pour une destine surnaturelle. D'ailleurs, tout le mystère du Dieu-Fils devenu humain en vertu de l'Incarnation, s'inscrit dans cette compréhension de l'être humain et confirme cette conception de la création de cet être à l'image de Dieu et destiné à une « félicité éternelle » dans un Royaume extra-mondain, surnaturel. Bien évidemment, cette conception de l'être humain n'est pas du tout scientifique, au sens de la science moderne fondée sur l'observation, la matérialité, la sensibilité, etc. donc une science en fait limitée aux capacités humaines de connaître. C'est la modestie épistémologique issue des Lumières et du positivisme qui refuse ainsi de prétendre à une connaissance allant au-delà des capacités rationnelles de l'être humain. Le domaine de la foi et de la Révélation, relevant de ce débordement des frontières rationnelles, il est naturel et évident qu'un esprit imprégné de science moderne, s'en déclare délié pour se contenter de ce qu'il est en mesure d'expliquer ou de prouver par lui-même. La méthode ternaire: observation, hypothèse, vérification de l'hypothèse, est au coeur de l'esprit scientifique et positiviste moderne. Elle a produit beaucoup de résultats concrets, de la machine à vapeur aux gadgets intelligents contemporains, en passant par les sondes exploratrices du cosmos et les avions hypersophistiqués tant pour les voyages intercontinentaux que pour les guerres technologiques et dévastatrices... Curieusement, à proprement parler, la science moderne dans sa méthode propre, dans sa gloire, ne permet pas de répondre aux grandes questions que se pose l'être humain: la question des origines et des fins ultimes échappe magistralement à l'entreprise scientifique. Ce n'est certainement pas le darwinisme qui pourrait contredire cette affirmation. Car en effet, Darwin lui-même fut obligé de postuler un Créateur à l'origine de la vie (à la fin de son ouvrage De l'origine des espèces). Qui plus est, son mécanisme de la Sélection naturelle n'explique pas la survenance des variations sur lesquelles il travaillerait pour faire advenir les nouvelles espèces. Ces variations se produisent « aléatoirement ». Et, surtout, pour ce qui concerne la macroévolution, c'est-à-dire le passage des différentes barrières entre les genres: du monde inanimé à celui vivant, des végétaux aux animaux, des animaux aux humains, etc. ce mécanisme se révèle une gigantesque hypothèse qui n'a rien de probant comme l'affirme Darwin lui-même en ce qui concerne l'origine des différences entre les animaux et les humains quant aux facultés intellectuelles et morales dans son second grand volume: La Descendance de l'Homme (1871).... La modestie épistémologique des scientifiques contemporains adoptant le darwinisme en le qualifiant de scientifique parce qu'aucune autre théorie ne permet de concurrencer aussi efficacement les idées religieuses se révèle ainsi un choix idéologique et non le résultat d'une véritable entreprise scientifique. Et surtout, puisque le darwinisme modifie d'auto-conception de l'être humain, il implique des conséquences graves sur son comportement et donc tend à légitimer, à la suite de Nietzsche, une conception nihiliste des valeurs. Ce problème se révèle avec une acuité particulière dans les débats contemporains en matière de bioéthique où la conception darwinienne du monde tend à favoriser d'adoption des lois et la prise de décisions réduisant l'être humain simplement à un animal raisonnable dont l'existence est circonscrite dans le monde naturel et dont les décisions se fondent uniquement sur ses intérêts individuels tenant compte des intérêts de sa collectivité....L'idée d'une destinée supérieure, supramondaine et éternelle, n'est plus sérieusement prise en compte, encore moins celle de la nature humaine révélée. Il faut toutefois le redire: le darwinisme n'a pas ébranlé la conception chrétienne du monde et de l'être humain. Ses explications à cet égard ne sont rien de plus que des hypothèses, loin de constituer une véritable science à moins d'être vérifiées hors de tout doute raisonnable. Isaac Nizigama

Catégories : Aucun

Publier un commentaire

Oups!

Oops, you forgot something.

Oups!

Les mots que vous avez saisis ne correspondent pas au texte affiché. Veuillez réessayer.

0 commentaires