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Nous publierons dans ce blog des idées et commentaires sur divers sujets, entre autres: - les nouvelles de la recherche dans nos champs d'intérêt - les nouvelles politiques de l'Afrique et du monde - les commentaires divers sur les publications pertinentes pour nos travaux. Note aux commentateurs: L'éthique du respect et de l'ouverture d'esprit guidera la publication de commentaires sur ce blog. Tout commentaire dérogeant à cette règle sera supprimé.
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Les questions d'éthique 3 / par Isaac Nizigama

Publié le 23 septembre 2018 à 11:15 Comments commentaires (0)

La bienséance, la pudeur, le refus de l'impudicité etc. sont des attitudes éthiques honorant les humains pour les distinguer des simples animaux sauvages et insouciants. Le corps de l'être humain est habillé, la sexualité humaine est entourée de règles et de précautions que les sociétés traditionnelles et que les religions ont toujours défendues. En christianisme, le mariage est dit sacré. Il est indissoluble selon la parole de Jésus: «Ce que Dieu a joint, que l'homme ne le sépare pas» (Mt 19,6). Pourquoi toute cette éthque autour de la vie sexuelle et des rapports entre les deux sexes ? À mon avis, deux idées peuvent être développées: il y a d'abord la question de la famille, noyau de perpétuation de l'espèce humaine. Il y a ensuite la question de l'amour, image même de l'amour divin révélé par la Parole faite chair. Du point de vue de la première question, la famille se situe à la base de la perpétuation de l'espèce humaine. Pour les chrétiens, elle est un projet de Dieu dès la création de l'homme: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je lui ferai une aide semblable à lui » (Gn 2,1); « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair » (Gn 2,24). C'est dans le but de se reproduire, de remplir la terre, de se multiplier mais aussi d'éduquer les enfants, de les humaniser, de dominer sur la nature, de la gérer, que la famille existe: « Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur la bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujétissez, dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseau du ciel et sur sur tout animal qui se meut sur la terre. » (Gn 1, 26-28). Le désordre dans les familles qui peut être généré par un vécu infra-humain dicté par les tendances biologiques et instinctives, réduisant l'être humain à l'état de simple animal alors qu'il est appelé à dominer cet état, risquerait de mettre en péril l'espèce humaine entière. D'où les commandements contre l'adultère, pour le respect de la maison d'autrui (femme et mari), contre les unions contre-nature, incestueuses: dans la Bible, l'homosexualité, l'inceste, la bestialité sont des crimes (Ex 20, 1-17; Lv 18, 1-23): « Je suis l'Éternel votre Dieu. Vous ne ferez point ce qui se fait dans le pays d'Égypte où vous avez habité, et vous ne ferez point ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous mène: vous ne suivrez point leurs usages. Vous pratiquerez mes ordonnances, et vous observerez mes lois; vous les suivrez. [...] l'homme qui les mettra en pratique, vivra par elles.. [...] Nul de vous ne s'approchera de sa parente pour découvrir sa nudité. Je suis l'Éternel. [...] Tu ne coucheras point ave un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s'approchera point d'une bête pour se prostituer à elle. C'est une confusion. »  Ces commandements et toute l'éthque judéo-chrétienne visent à protéger la famille parce que la foi chrétienne n'est pas un ramassis de croyances absurdes mais une foi mobilisant à la fois la raison et la révélation divine dans une finalité claire située bien entendu dans le Royaume de Dieu à venir mais déjà opérationnelle dans la vie du monde présent par la grâce de Dieu et par la vérité de la Parole divine incarnée et dévoilée en Jésus-Christ.

Pour la deuxième question, le mariage se donne comme une véritable école de l'amour. Le but visé étant que les mariés « deviennent une seule chair » (Mt 19,4-5), il est clair que la communion entre les deux personnes mariées, l'homme et la femme, ne doit pas se limiter à celle des corps mais doit se développer dans celle des esprits. À l'image de l'amour animant la Trinité divine, entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui ne font qu'Un (Jn 14,10-11), c'est par l'amour que cela advient. L'apôtre Paul l'a bien exprimé en comparant le mariage entre un homme et une femme à l'union qui existe entre le Christ et son Église (Éph. 5,22-33). Personne ne peut aimer plus que celui qui donne sa vie pour ses amis disait Jésus (Jn 15,13). Or, Jésus-Christ s'est lui-même livré à la mort pour le monde et pour donner naissance à l'Église. L'image originelle d'un Adam dont est tirée Ève par Dieu au moyen d'un morceau de sa chair est applicable ici. Comme le premier Adam a donné naissance à la mère de tous les humains selon la chair, le second Adam, le Rédempteur, a donné naissance à l'Église, mère de tous les rachetés selon l'Esprit. Car dans l'Église opère l'Esprit du Christ: Esprit d'amour, de sagesse et de connaissance de Dieu. Dans le mariage chrétien, fondé dans la foi en Christ, le même Esprit du Christ opère et il faut que les époux sachent opérer dans l'Esprit et non pas seulement selon leur chair. 1 Corinthiens 13 nous décrit la nature de cet amour-charité qui supporte tout, qui est patient, qui excuse tout, ...et qui ne finit jamais. Dans le mariage, c'est ce seul type d'amour qui résiste aux conflits, aux égoïsmes, au matérialisme, à une sensualité exagérée, au vécu simplement instinctif....tous des maux qui font que les mariages d'aujourd'hui ne durent que le temps de la rosée, les divorces devenant l'issue la plus fréquente de la majorité des mariages souvent célébrés en grande pompe. 

En matière de sexulaité, de famille et de rapport entre les genres, l'éthique chrétienne n'est dépassée que pour ceux et celles qui pensent que Dieu n'existe pas. Mais pour ceux et celles qui croient dans le Dieu de Jésus-Christ, cette éthique demeure le refuge, le roc le plus sûr en ces temps difficiles, de confusion et d'incertitude où pourtant les chrétiens et les chrétiennes doivent continuer d'être « la lumière du monde et le sel de la terre »: « Vous êtes le sel de la terre mais si le sel perd de sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Mt 5,13-16). 

Questions éthiques 2

Publié le 6 juin 2018 à 0:20 Comments commentaires (0)
En parlant des questions éthiques qui impliquent que la personne humaine soit engagée non seulement extérieurement (ce qui est le domaine du Droit) mais aussi dans le fin fond de sa conscience, donc intérieurement, au niveau de l'intention et de la visée, il y a lieu de s'inquiéter pour les modernes, surtout imprégnés de l'esprit scientifique. Ce dernier prône l'observation, l'objectivation, la neutralité dans les analyses et la tolérance des opinions divergentes. Or, du point de vue de l'éthique, la neutralité est impossible. Chacun doit prendre position, puisqu'il en va de sa propre personne et responsabilité. Le risque qu'il faut donc craindre avec l'époque moderne que Charles Taylor a décrit comme un « âge séculier » (2007), c'est justement la naissance de cet être humain complètement désengagé dont a parlé Charles Taylor dans le même ouvrage (A Secular Age). Pourquoi s'en inquiéter ? Parce qu'on ne peut pas devenir observateur neutre de soi-même, on ne peut pas objectiver soi-même pour s'observer sans s'engager soi-même à fond en tant qu'acteur dans l'existence. L'esprit scientifique prône l'objectivation et l'observation neutre dans la mesure où il vise à expliquer le comment des choses. Il exclut l'explication des raisons des choses, du pourquoi des choses, et donc il n'est pas en mesure de traiter à proprement parler des questions éthiques. Si quelqu'un veut être et demeurer scientifique, c'est une bonne chose lorsqu'il comprend que le domaine de sa conscience, de la finalité de ses actes, de leur qualification par rapport aux fins, notamment aux fins dernières, en rapport avec son origine et sa destinée, se situent en dehors du domaine de la science qui n'explique que le comment de son corps, éventuellement de sa psychologie. Se transformer en observateur neutre de soi-même, c'est s'abandonner à l'illusion qu'on n'est plus responsable de soi-même et de ses actes devant le mystère à l'origine de la vie et des êtres humains. Est-il bon ou mauvais d'éliminer un foetus en bonne santé ? Suffit-il que sa mère le demande pour que cet acte soit bon ? La science ne répond pas à ce genre de questions. Tout ce qu'elle peut, c'est de vérifier le stade du développement du foetus, son état de santé, l'état de santé de la mère, son état psychologique liée peut-être à certaines raisons la poussant à vouloir se débarrasser de la grosse. Elle ne peut dire si l'acte lui-même consistant à mettre fin à la vie du foetus est moralement bon ou mauvais, s'il engage la responsabilité morale et du médecin et de la mère. Ces questions dépassent le domaine de la science, elle relèvent de la pensée éthique. La prise de position en tant qu'acteurs d'un acte quant à son caractère bon ou mauvais est la marque distinctive des questions éthiques. L'acteur y engage sa propre personne dans ce qu'elle a d'intime. Il ne peut agir comme un observateur de ses propres actes, il ne peut objectiver ses propres actes pour se décharger de sa responsabilité. Là se situe le lien fondamental entre éthique et religion. L'acte moral peut être qualifié en religion par rapport à la distinction entre péché et justice. Commettre un péché, en christianisme, c'est « faire ce qui est mal aux yeux de Dieu » (Ps 51). Il s'agit d'un acte contraire à la vocation de l'être humain à devenir saint, à reproduire l'image sainte du Fils de Dieu. Cette vocation n'est pas limitée aux seuls croyants déclarés mais elle s'adresse à tous les hommes, car « créés à l'image de Dieu » à l'origine (Livre de Genèse), et appelés à être régénérés en Jésus-Christ pour réaliser cette image qui avait été ternie par le « péché originel » tel que l'explique la Révélation biblique dans le livre de la Genèse. L'éthique c'est donc la personne humaine engagée à fond dans ses actions, dont elle est dans tous les cas responsable devant le Mystère à l'origine de la vie et de nature raisonnable de l'être humain. Pour les chrétiens, nous savons que ce Mystère s'est révélé/dévoilé: c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'est le Dieu Père de Jésus-Christ.

Questions éthiques

Publié le 4 juin 2018 à 23:10 Comments commentaires (0)

Les questions éthiques sont permanentes, elles sont aussi vieilles que l'humanité. Elles sont liées à ce que l'être humain comprend de sa nature, de sa vie, de sa société, de sa finalité. Les réponses à ces questions peuvent diverger d'une société à une autre, d'une culture à une autre mais leur sens et leur fond restent inchangés à l'échelle planétaire. Par exemple, l'interdit de l'inceste, c'est-à-dire les relations sexuelles entre les plus proches parents (parents-enfants, frères et soeurs, oncles et nièces, tantes et neveux, etc.), l'interdit de tuer son semblable (à commencer par celui qui est de la même tribu, jusqu'à l'étranger pacifique), la question de la fidélité conjugale, qui s'est même affirmée sous forme monogamique en christianisme, etc. semblent être des faits universels, alors que les peuples ne s'étaient pas concertés pour établir ces règles. Tout se passe comme si l'être humain a intuitivement le sens, même confus, de la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. La pudeur par exemple s'est exprimée par l'habillement: l'être humain le plus primitif cachait ses parties intimes par une sorte de cache-sexe, il pouvait être nu tout le corps mais refusait de dévoiler ses parties génitales devant ses enfants et devant les étrangers. L'habillement sophistiqué des peuples à culture développée, jumelée avec l'idée d'esthétique qui ne fut pas absente chez les peuples les plus anciens, puisque même les animaux comme Darwin l'a bien montré dans La descendance de l'Homme (1871) ont développé le sens de la beauté en relation avec la seduction sexuelle (chez les oiseaux: le plumage, le chant, etc.), n'en a pas moins gardé le tabou des parties intimes: même les maillots de bain les plus libres et décontractés prennent le soin de cacher ces parties. Y aurait-il un lien avec le péché originel ? Rien n'est moins sûr. Le péché d'Adam et Eve, bien que certains interprètes du Livre de la Genèse y aient vu un acte sexuel, ne fut pas de toute probabilité de cet ordre là. En effet, dans le récit de la Genèse, il est bien dit que Dieu avait déjà béni Adam et Eve et leur avait intimé l'ordre de se reproduire et de remplir la terre. Or, cette reproduction devait passer par la rencontre des sexes. Par ailleurs, l'idée de l'acte sexuel comme péché serait incompatible avec l'institution du mariage (comme union sacrée ou comme sacrement). «L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair » est une parole du livre de la Genèse, reprise par Jésus. Devenir une seule chair n'est pas à comprendre uniquement en termes spirituels mais aussi en termes d'union des corps. L'Eglise catholique romaine l'a bien compris. Le Droit canonique proclame nul tout mariage non consommé, c'est-à-dire, dans lequel l'union sexuelle des corps n'a pas eu lieu. Par conséquent, le péché d'Adam et Eve ne fut pas l'acte sexuel auquel ils avaient un droit d'origine divine en tant que mari et femme, mais autre chose. Le cache-sexe ou le fait de cacher toujours les parties intimes devant les personnes autres que son mari ou sa femme, relève non de la théologie du péché originel mais de l'éthique relative à ce qui est bien et à ce qui est mal, à ce qui est bienséant et à ce qui est malsain; bref, à la pudeur et au péché de l'impudicité. Nous poursuivrons cette discussion prochainement... Isaac Nizigama

Darwinisme et éthique

Publié le 27 avril 2018 à 8:40 Comments commentaires (0)
Charles Darwin, un naturaliste anglais rendu célèbre par sa théorie de l'origine des espèces vivantes et de l'être humain par évolution transformiste, continue à susciter maints travaux et débats notamment parce que ses thèses et idées prétendent remplacer les idées religieuses, notamment chrétiennes, en rapport avec ces grandes questions. Il faut rappeler que son premier ouvrage majeur, De l'origine des espèces (1859), a eu le mérite d'affronter, dans le cadre d'un projet de compréhension scientifique du monde, la grande question des origines des espèces, et par là de l'origine ultime du phénomène vivant et de toutes les choses qui existent. C'est d'une grande question car chacun sait qu'il est difficile d'y répondre convenablement, du moment qu'elle dépasse les capacités d'observation de l'être humain, fut-il aidé par des instruments de pointe qu'il s'est fabriqués. Les religions en général, et le christianisme en particulier, on formulé une réponse à cette énigme en affirmant l'existence d'un Etre suprême, infiniment grand, transcendant, dépassant les capacités humaines de compréhension, appelé, en Judéo-christianisme, Dieu-Yahweh. Sa seule existence explique tout. C'est lui qui est à l'origine de toutes choses au moyen d'un acte de création ex nihilo (à partir de rien). Des êtres inanimés, comme de ceux animés: vivants, possédant une âme. Comment le judéo-christianisme peut-il affirmer cette existence de Dieu ? Principalement parce qu'il affirme posséder une Révélation, ou mieux une autorévélation de ce Dieu lui-même, qui a choisi de briser le silence, de rapprocher les horizons, de se rendre accessible à ses créatures capables de raison, pouvant donc comprendre ce qu'Il dit et faire ce qu'il demande et ainsi s'orienter selon son plan. Cette Révélation n'est pas simplement un livre de connaissances, mais surtout un manuel d'éthique, un dévoilement des mystères, un élargissement des capacités humaines de connaître car donnant accès à l'invisible et à l'indicible, ouvrant sur l'horizon de l'infini et de l'au-delà. Ainsi, le judéo-christianisme enseigne depuis près de 4 mille ans, qu'à l'origine du monde et des êtres vivants, Dieu-Yahweh a décidé d'établir une hiérarchie dans les êtres culminant sur l'être humain, à cheval entre le monde matériel et le monde divin, constituant en lui-même un «microcosme», un univers en miniature, et doué d'un esprit....De ce fait., l'être humain a donc une destinée divine, au-delà de sa fragilité et de sa finitude en tant qu'être composé de corps et d'âme, la Révélation judéo-chrétienne affirme qu'il a été créé pour une destine surnaturelle. D'ailleurs, tout le mystère du Dieu-Fils devenu humain en vertu de l'Incarnation, s'inscrit dans cette compréhension de l'être humain et confirme cette conception de la création de cet être à l'image de Dieu et destiné à une « félicité éternelle » dans un Royaume extra-mondain, surnaturel. Bien évidemment, cette conception de l'être humain n'est pas du tout scientifique, au sens de la science moderne fondée sur l'observation, la matérialité, la sensibilité, etc. donc une science en fait limitée aux capacités humaines de connaître. C'est la modestie épistémologique issue des Lumières et du positivisme qui refuse ainsi de prétendre à une connaissance allant au-delà des capacités rationnelles de l'être humain. Le domaine de la foi et de la Révélation, relevant de ce débordement des frontières rationnelles, il est naturel et évident qu'un esprit imprégné de science moderne, s'en déclare délié pour se contenter de ce qu'il est en mesure d'expliquer ou de prouver par lui-même. La méthode ternaire: observation, hypothèse, vérification de l'hypothèse, est au coeur de l'esprit scientifique et positiviste moderne. Elle a produit beaucoup de résultats concrets, de la machine à vapeur aux gadgets intelligents contemporains, en passant par les sondes exploratrices du cosmos et les avions hypersophistiqués tant pour les voyages intercontinentaux que pour les guerres technologiques et dévastatrices... Curieusement, à proprement parler, la science moderne dans sa méthode propre, dans sa gloire, ne permet pas de répondre aux grandes questions que se pose l'être humain: la question des origines et des fins ultimes échappe magistralement à l'entreprise scientifique. Ce n'est certainement pas le darwinisme qui pourrait contredire cette affirmation. Car en effet, Darwin lui-même fut obligé de postuler un Créateur à l'origine de la vie (à la fin de son ouvrage De l'origine des espèces). Qui plus est, son mécanisme de la Sélection naturelle n'explique pas la survenance des variations sur lesquelles il travaillerait pour faire advenir les nouvelles espèces. Ces variations se produisent « aléatoirement ». Et, surtout, pour ce qui concerne la macroévolution, c'est-à-dire le passage des différentes barrières entre les genres: du monde inanimé à celui vivant, des végétaux aux animaux, des animaux aux humains, etc. ce mécanisme se révèle une gigantesque hypothèse qui n'a rien de probant comme l'affirme Darwin lui-même en ce qui concerne l'origine des différences entre les animaux et les humains quant aux facultés intellectuelles et morales dans son second grand volume: La Descendance de l'Homme (1871).... La modestie épistémologique des scientifiques contemporains adoptant le darwinisme en le qualifiant de scientifique parce qu'aucune autre théorie ne permet de concurrencer aussi efficacement les idées religieuses se révèle ainsi un choix idéologique et non le résultat d'une véritable entreprise scientifique. Et surtout, puisque le darwinisme modifie d'auto-conception de l'être humain, il implique des conséquences graves sur son comportement et donc tend à légitimer, à la suite de Nietzsche, une conception nihiliste des valeurs. Ce problème se révèle avec une acuité particulière dans les débats contemporains en matière de bioéthique où la conception darwinienne du monde tend à favoriser d'adoption des lois et la prise de décisions réduisant l'être humain simplement à un animal raisonnable dont l'existence est circonscrite dans le monde naturel et dont les décisions se fondent uniquement sur ses intérêts individuels tenant compte des intérêts de sa collectivité....L'idée d'une destinée supérieure, supramondaine et éternelle, n'est plus sérieusement prise en compte, encore moins celle de la nature humaine révélée. Il faut toutefois le redire: le darwinisme n'a pas ébranlé la conception chrétienne du monde et de l'être humain. Ses explications à cet égard ne sont rien de plus que des hypothèses, loin de constituer une véritable science à moins d'être vérifiées hors de tout doute raisonnable. Isaac Nizigama

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